Equipe de France: les maux bleus

Impossible d’y échapper, la coupe du monde de football démarre le 11 juin prochain. Si la presse en général nous inonde d’article sur l’équipe de France, ce n’est pas forcément pour en dire du bien.

Et pour cause, depuis la main baladeuse d’Henry, les frasques sexuelles de Ribéry et l’étrange communication de Raymond Domenech, il y a de quoi tergiverser et les journalistes ne s’en privent pas. Nous autres pauvres téléspectateurs et parfois même supporters subissons donc régulièrement les colonnes assassines des journaleux sur l’équipe nationale. Mais qu’en est-il des marques et des sponsors ?  Si le mondial de 98 avait vu les joueurs propulsés sur nos écrans, c’est un tout autre son de cloche cette année. En effet les joueurs brillent par leurs absences sur nos écrans.

C’était mieux avant…

Avant c’était plutôt ça :

Une jolie chanson, plein de joueurs et un slogan qui ne trompe pas : « gagnez les champions! » A cette époque on avait confiance en l’équipe de France et son sponsor faisait également partie de la multitude d’écran publicitaire.

Adidas misait sur la promesse et encore une fois sur l’image des bleus. Ils sont beaux ils sont grands et mis en valeurs par une semi-obscurité très « adidesque. » Estéthique et intime, une bonne campagne pour renforcer le capital sympathie des joueurs et prouver leur engagement. Je vous laisse regarder.

Faire des publicités pour l’équipe de France, sans l’équipe de France

Seulement voilà… A l’aube de cette coupe du monde, l’équipe de France souffre d’une anti-communication. Qu’Adidas en tant que sponsor ne souhaite pas diffuser de spot cette année est tout de même sacrément étrange. Mais je vais éclairer vos lanternes de ce pas en précisant que le sponsor en lice depuis 40 s’est fait rafler le marché par son concurrent de toujours: Nike. La marque à la virgule s’est offert l’équipe pour un montant de 42,6 millions d’euros par saison pour la période 2011-2018. Tout s’explique alors! Adidas ne communiquera certainement pas. Du moins pas avant que les bleus (c’est mon avis personnel) n’aient gagné la coupe du monde. Alors qui a vu verra…

Et justement, les marques qui communiquent sur la coupe du monde ont vite fait d’éclipser les joueurs. Une manière savante d’écarter tout déficit d’image du grand public. Et c’est un véritable concours d’astuce pour cacher au mieux les joueurs de la sélection nationale.

La technique du maillot est celle préconisée par GDF Suez:

Ou encore et je mets sur celle-ci ma mention spéciale la dernière pub Toyota Yaris qui n’est autre que la voiture officielle des joueurs ET des supporters du mondial (Je ne suis pas sur que les supporters étaient ciblés en 98). Comble du comble, les personnages chantent à leurs insu des encouragements aux bleus. Une manière discrète de planquer un certain recul?

Marketing: jouer avec la mauvaise réputation

Et puis il y a les marques moins scrupuleuses, plus intrépides ou plus acides c’est selon.

SFR, par exemple se paye Thierry Henry en le mettant sur la touche au profit du basketteur Tony Parker .  Celui-ci ne cesse d’appeler « Titi » et on enchaîne les petites blagues entre amis mais qui font grincer des dents par l’association basketteur/footballeur qui n’est pas sans rappeler la main baladeuse d’Henry contre l’Irelande et à qui nous devons aujourd’hui la qualification de l’équipe de France au mondial… La popularité se paye cher et SFR débourse quand même chaque mois 4 à 5 millions pour exploiter l’image des bleus. Une enveloppe un peu grosse pour une petite photo apparue 2 secondes non?!

Les irlandais justement se remettent comme ils peuvent de cette erreur  d’arbitrage. C’est la filière Pizza Hut qui porte l’étendard  de la révolte à travers une opération remarquable: « Pizza Hut offre des pizzas gratuites à ses fans Facebook à chaque but ‘encaissé par la France lors du Mondial ! » (Offre limitée à 350 pizzas par but, faut pas déconner non plus!)

Mais pas besoin d’aller à l’étranger pour trouver une communication anti-équipe de France…

Les magasin Saturn se charge de surfer sur la cote de popularité désastreuse de Raymond Domenech et a crée le crédit à zéro % « car des zéros, il en a vu défiler dans sa carrière » dixit la radio… Ah sacré Raymond

On peut aussi compter sur Carrefour, et là c’est l’étonnement général puisqu’il s’agit du sponsor officiel quand même. Carrefour qui s’engage à rembourser des téléviseurs si les bleus arrivent en finale et la remporte. Alors là c’est ce qui s’appelle surfer sur le doute. Moquerie ou engagement, chacun est libre de penser ce qu’il veut. « Le positif est de retour » s’impose comme un slogan tout aussi ambivalent dans le message publicitaire, je dis bravo!

C’est une réelle rupture avec ce qui se faisait avant en matière de réputation et de communication. Les sportifs sont évincés du premier plan, l’équipe est fustigée tant par les supporters (46% de français interrogés répondent qu’ils n’aiment  » Pas du tout » l’équipe de France) que par les politiques (Rama Yade, Marine LePen). Descendre l’équipe de France est une nouvelle tendance dans le pays. Si ça continue c’est Nicolas qui va râler. Après tout il vient de décrocher l’Euro 2016, alors bon, autant vous le dire tout de suite, les haineux du football ont encore des années devant eux! L’ère Domenech aura été unique en son genre et je souhaite aux bleus de ne plus voir rouge avec l’arrivée de Laurent Blanc (Bleu Blanc Rouge Haha!)

Et je ne pouvais pas vous quitter sans illuminer votre journée avec le clip qui suit! Dansez sur vos bureaux!

Ces billets sont également susceptibles de vous intéresser :

5 réponses à “Equipe de France: les maux bleus

  1. ce que révèle l’ère Domenech, c’est juste la fin d’un journalisme consensuel, fanatique des bleus… et tant mieux.
    Domenech va à l’encontre des journalistes, ce qui ne leur plait pas, et ils le lui rendent bien.

    Cette ère domenech est aussi celle qui désacralise l’époque 1998-2000 où nos dieux du foot étaient français. On s’apercoit d’un coup que les joueurs sont juste des humains comme les autres, avec leurs défauts et leur qualité

    concernant enfin la communication des sponsors, il est clair que domenech et les resultats de l’équipe de france ont joué un role dans le changement d’axe communicationnel. Et tant mieux, on assiste à des trucs osés, un peu irrévérencieux, moqueurs.

    il ne reste une seule chose à espérer : voir l’équipe de france gagner cette compétition pour voir domenech rire au nez et à la barbe de toute cette presse à deux francs… c’est pas gagné !

    1. Il est clair que l’équipe actuelle souffre de l’image de 98. Pays organisateur, pays gagnant, ancienne génération, cette époque a tout pour qu’on la magnifie est c’est ce qu’il se passe. Tu parles de désacralisation, je suis d’accord mais il y a plus je pense. Comme ils l’ont dit dans culture pub, la France n’est pas un pays de supporters quoiqu’on en dise. En 98 le pays a fêté la victoire peut être moins l’équipe…

  2. C’est l’ère de la désacralisation de l’équipe de France de Football, cela fait quelques années qu’il est amorcé … un dur retour sur terre pour certains et les annonceurs l’ont bien compris ! Mieux vaut jouer sur des valeurs que sur des personnages …

    Et pour suivre ce que disait Greg, je serai pour qu’ils arrivent au moins en finale car ce qu’on entend c’est même plus « ils gagneront pas », c’est « ils n’iront jamais en finale ». Certes le fait de la gagner en rajoute une couche ^^

    1. S’ils gagnent c’est sûr on on en entendra parler. Carrefour devra rembourser ses téléviseurs, Pizza Hut aura fait un bide, Raymond pourra se pavaner et nous sortir plein de petites phrases et je serai heureux de regarder la presse retourner les vestes…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *